Je vous parlais il y a quelques temps de cette exposition des "10 ans de la Collection Lambert" que je suis allée voir.
L'exposition n'est présente encore que pour quelques semaines mais fait encore parler d'elle.
Hier matin, deux photographies de l'artiste américain Andres Serrano ont été vandalisées, dans les salles de la Collection Lambert, à Avignon. Aux alentours de 11h30, un groupe d'hommes jeunes, entre 18 et 25 ans d'après les témoins, a pénétré dans l'exposition. Trois d'entre eux se sont rendus dans les combles, où étaient accrochés les Serrano. Après avoir molesté l'un des trois gardiens présents, ils ont brisé la vitre de protection et détruit les œuvres à l'aide d'un marteau et d'un pic à glace ou d'un tournevis avant de prendre la fuite.
L'une des oeuvres représente une religieuse en prière dans l'église Saint Clotilde à Paris; l'autre c'est "L'immersion Piss Christ", un crucifix plongé dans un bain d'urine et de sang; et utilisée dans la présentation des oeuvres de la collection.
La pétition contre cette oeuvre aurait, en fait, débuté début avril avec l'archevêque d'Avignon, Mgr Jean-Pierre Cattenoz, qui réclamait que l'oeuvre "un cliché odieux selon lui" soit retirée. Le 16 avril, l'Institut Civitas ainsi que d'autres associations avait organisé une manifestation devant la Collection. Elle aurait réuni 1500 personnes selon les organisateurs et 800 selon la police.
Mais ce tableau n'en est pas à son premier scandale puisqu'en 1997, à Melbourne, le Piss Christ est vandalisé à coups de marteau. L'église catholique d'Australie exige la fermeture du National Gallery of Victoria mais finalement cette fermeture ne sera que temporaire.
La collection Lambert a porté plainte pour la destruction des oeuvres ainsi que pour l'agression des gardiens concernés.
Fermée aujourd'hui, l'exposition rouvrira ses portes dès mardi matin avec les oeuvres détruites montrées telles quelles, Yvon Lambert ayant déclaré qu'il souhaitait que "le public puisse apprécier lui-même la violence des actes de barbarie perpétrés".
On ne peut que regretter l'absence d'ouverture d'esprit qui a déclenché une telle action; mais finalement ne dit-on pas "Qu'on parle de moi en bien ou en mal peu importe. l'essentiel c'est qu'on parle de moi" ?



